Catalogue


Sonnets portugais
 revue de presse

Cosmopolitaine, France Inter, 16 mai 2010

Une émission de Paula Jacques.

À la fin de l'émission, la chroniqueuse littéraire Pascale Roze conseille la lecture des Sonnets portugais d'Elizabeth Barrett Browning.

                          

 

Cahier critique de poésie, n°19, mars 2010

Elizabeth Barrett Browning : Sonnets portugais

On peut ne pas souscrire aux données d'entrée de traduction des « sonnets traduits du portugais » qui sont 44 déclarations d'amour à la vie à la mort : « ‘Guess now who holds thee !’ – ‘Death’, I said ! : but, there, / The silver answer rang. ‘Not Death, but Lovre.’ » On doit penser que silver n'est pas la claire réponse, ni to ring ce gentil tinter, quand c'est Amour en personne qui sonne, Robert le providentiel qui déloge la Mort. C'est ainsi que l'on dénature la rime semi-assonancée du cher monosyllabisme anglais, en mesurant en SI les sonnets au lieu d'avoir du poids, donnant ainsi à son décamètre un air rétro-réfléchissant aux confidences lardées de clives : c'est ainsi qu'on floue le profondant, résurrectionnel enjeu qui consiste à choisir d'en vivre au lieu de : « The face of all the world is changed, I think / Since first I heard the footsteps of your soul / .. », et tout est dit, presque.

Christian Désagulier

                          

La Liberté, 25 juillet 2009

Les sonnets d'Elizabeth

Publiés en 1850, tour à tour admirés et oubliés, les Sonnets portugais d'Elizabeth Barrett Browning méritent d'être redécouverts. Poétesse respectée de son vivant, Elizabeth souffre pourtant de maladie. Sa vie de recluse obsédée par la mort d'un frère bien-aimé va être illuminée par la cour que lui fait le poète Robert Browning, de six ans son cadet, et qu'elle finira par épouser.

C'est à l'amant, au poète admiré que sont adressés ces Sonnets. Mais leur enchaînement « raconte » surtout la force irrépressible de l'amour, tout comme les doutes. Âpre combat entre la maladie qui mine la vie d'Elizabeth Barrett et l'éveil à ce bonheur qui a pour nom Robert Browning. Dans sa préface à la présente réédition des Sonnets, Claire Malroux parle carrément de « renaissance ». Et il est vrai qu'Elizabeth écrit ici, entre doute et sensualité retrouvée, tout le miracle de sa vie : se laisser emporter par l'amour.

Jacques Sterchi

                          

 

Le Monde des Livres, 19 juin 2009

Sonnets portugais  d'Elizabeth Barrett Browning

C'est une histoire d'amour légendaire, qui a inspiré des romanciers, et même des cinéastes hollywoodiens. Celle d'Elizabeth Barrett, poétesse très admirée, vivant malade et recluse à Londres, et qui, après un mariage secret avec Robert Browning, fuit en Italie un père tyrannique. « Si tu dois m'aimer, que ce ne soit pour rien / D'autre que l'amour même », écrit-elle dans l'un des quarante-quatre love sonnets composés en vingt mois, jusqu'à leur mariage, en 1846. Ces poèmes témoignent, sous une forme accomplie (inspirée de Pétrarque), d'un bouleversement intérieur et d'une passion frémissante. Rilke, qui apprit l'anglais pour les traduire, les rapproche des célèbres Lettres portugaises.
Claire Malroux, s'appuyant sur le texte du carnet manuscrit, fait entendre dans sa traduction le mouvement de la « parole animée » qu'admirait tant Charles du Bos dans ce « rubis poétique ». Elle cite, dans sa préface, Virginia Woolf qui, saluant l'audace de « Mrs. Browning » – cette « iconoclaste consciente, qu'il s'agisse d'art ou d'amour » – soulignait le caractère novateur de sa poésie.

                                                                                                             Monique Petillon

                          

Le Matricule des Anges , n°104, juin 2009

Sonnets portugais  de Elizabeth Barrett Browning

Composés pendant les vingt mois qui précèdent le mariage secret et la fugue, en septembre 1846, de la poétesse angalise avec Robert Browning,ces sonnets ne sont parus qu'en 1850, l'auteur hésitant à dévoiler au public une matière aussi intime. Elizabeth Barrett Browning a déjà construit une œuvre, et une renommée ; étrangement, celle-ci a connu ultérieurement un certain déclin, alors que des écrivains tels que Emily Dickinson, Rainer Maria Rilke ou Virginia Woolf ont pu la saluer.

Cet ensemble est une anatomie précise et détaillée de l'amour d'une femme pour un homme. Anatomie, où la pudeur cède la place à l'exigence de la vérité sur soi, et où le souci narcissique de livrer un autoportrait flatteur se voit éliminé par la volonté de saisir l'essence du sentiment. Et Elizabeth Barrett Browning pousse jusqu'au masochisme la dévalorisation de soi : elle se présente comme irréductiblement inférieure à celui qu'elle aime : « Va-t'en, hélas ! – / Je ne veux pas souiller ta pourpre de ma poussière », et, à cause d'épreuves qui l'ont durablement abîmée, indigne de son sentiment : « Car bien des larmes ont déteint / Les couleurs de ma vie, et laissé une étoffe / Si pâle, si terne, qu'il ne serait point décent / D'en faire don comme oreiller pour ta tête – / Va-t'en ! – Qu'elle serve à se frotter les pieds – ». Cependant, cette analyse non convenue de la passion dépasse les clichés attendus en la matière, notamment celui de l'amour-fusion. Elle intègre toute la complexité du sentiment, à travers des éléments surprenants : « Car nos horizons divergent, et notre front, / Nos cheveux, ne brillent pas au même soleil », ou dérangeants : « Pour toi je renonce à la tombe ». Et si la sensibilité fortement romantique, nourrie d'allégories et de symboles, ne correspond pas toujours à celle du lecteur d'aujourd'hui, ce dernier ne restera pas insensible à la beauté d'airain dont résonnent certains vers : « Quand nos deux âmes se tiennent droites et fortes, / Face à face, en silence, et peu à peu se rapprochent / Jusqu'à ce que leurs ailes s'étirant prennent feu / À leur courbe extrémité… ». La tendance à l'abstraction et au raccourci, des irrégularités ponctuelles et calculées (rimes imparfaites, assonances) de la prosodie, un sourcilleux souci de la musicalité, tout comme l'impatiente liberté de l'esprit qui l'orchestre, expliquent l'admiration pour cet auteur d'une Emily Dickinson, dont deux poèmes dédiés à E. Barrett Browning se trouvent en fin de volume, pour ainsi matérialiser la modernité indéniable de cette écriture.

                                                                                                                          Marta Krol


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Édition bilingue

Traduction nouvelle

et présentation de Claire Malroux
suivie de trois poèmes d’Emily Dickinson en hommage à Elizabeth
et d’une étude de Claire Malroux

sur la traduction des Sonnets

Format : 117 x 170
156 pages • 13,20 euros


ISBN : 978-2-35873-006-8
Mise en vente : 22 mai 2009