A paraître

La Ballade des Pèlerins

La Ballade des Pèlerins

Edith Héronnière (de la)

Parution avril 2020

Mise en vente : 10 avril 2020

La Ballade des pèlerins est un très prenant récit d’aventure, celui d’un pèlerinage de Vézelay à Compostelle entrepris par une jeune femme et trois compagnons de route, un beau jour de juin du siècle passé, en un temps où un tel périple pouvait encore se faire dans des conditions très semblables à celles qu’avaient connues leurs prédécesseurs du Moyen Âge. Un voyage décidé par goût de la marche et de la nature, certes, mais surtout par désir « d’en finir avec des formes et des contenus religieux trop rabâchés, avec un langage devenu logorrhée, dénué de tout sens vital à force de vouloir donner réponse à tout ». Par cette volonté de redonner du sens aux mots en les confrontant à la rugueuse réalité des aléas d’une marche de plusieurs semaines, en s’interrogeant par écrit dans ce qui fut son premier livre sur les raisons de cet acte un peu fou, Édith de la Héronnière ouvrait en réalité le chemin d’un voyage autrement plus long, celui d’une œuvre qu’elle poursuit aujourd’hui encore. Au fil des années passées à arpenter les pays et les pages, ni l’Italie, ni l’Inde, ni les États-Unis, ni même la Chine n’auront raison de son infatigable curiosité. Et, par certains aspects, les chemins qu’elle emprunte peuvent ainsi rappeler ceux d’autres écrivains-voyageurs, tel Nicolas Bouvier, qu’une prédisposition au cheminement ou une phénoménologie de la perception intuitivement menée élancent continuellement vers l’avant.
Mais il faut insister sur ce que le pèlerinage de Saint Jacques de Compostelle où cette 
ballade entraîne le lecteur n’a de sens que par l’enracinement profond et parfois douloureux de la spiritualité dans le corps. Comme au temps des pèlerinages médiévaux, les rencontres sont hasardeuses sur ces chemins de foi qu’arpentent marcheurs de tous pays et de toutes langues. Une sorte de cadence commune parvient pourtant à nouer les existences, pour quelques jours ou plus, autour d’une même détermination, d’une même en-allée – et le pied peu à peu impose son rythme à l’écriture.

Les villages de pierre et les paysages roulent au fil d’une pensée qu’inspirent souvenirs de lecture ou figures saintes, dans un tournis parfois heurté que finit par apaiser le seul exercice de la marche. Il s’agit alors, dans l’écriture comme sur le chemin de Saint-Jacques, de faire de l’épreuve de la désillusion ou de la meurtrissure la substance même de l’ouvrage à accomplir.

Ce livre reproduit la première édition de La Ballade des pèlerins, parue au Mercure de France en 1993, et lui adjoint un avant-propos de l’auteur, inédit.

Météo Miroir
Domaine : Français

Météo Miroir

Claire Malroux

Parution mars 2020

Mise en vente : 6 mars 2020

Avec ce recueil intitulé originellement « Variable, avec vent fort », Claire Malroux s’inscrit en porte-à-faux avec un certain lyrisme du quotidien qui domine la poésie française actuelle. Non pas qu’elle juge sans intérêt l’attention de nombre de ses contempo- rains au surgissement du merveilleux dans un cadre banal, mais il lui importe, avec les poètes de l’Antiquité et ses vieux compa- gnons en littérature que sont Novalis, Dickinson et Wallace Ste- vens, de chercher autour d’elle les signes épars d’une unité fra- gile de l’univers (« la Terre reconnaît dans le ciel son visage »). Il semble qu’il lui soit donc nécessaire d’écouter et de parler pour le monde muet, de faire place au milieu de nous à la vie des arbres, au « lent tempo de l’éclosion végétale » – le poète fait entendre ici les « râles de l’herbe tranchée ». Météo Miroir, d’un côté, rend compte, par touches, de l’histoire de la matière depuis le point minuscule du big-bang jusqu’à la découverte récente des exoplanètes ; de l’autre propose une exploration de l’existence dans l’unité du jour, de l’aube au crépuscule. Si le livre se clôt sur un hymne à la nuit, c’est aussi que Claire Malroux reconnaît qu’à l’âge qui est le sien il lui faut désormais affronter les grandes énigmes : selon elle, la « force du vent » et « le temps ». C’est là peut-être ce qu’il y a de plus émouvant dans ces pages, cette tension entre l’enfance chaotique du cosmos et la géographie d’une mémoire personnelle vorace mais parfois défaillante, où l’on ne peut que reconnaître la « débandade des mots ». Les nuages qu’elle nous fait observer sont « comme nous plus instables que les végétaux accrochés au sol ».

Le recueil rassemble des poèmes écrits, pour la plupart, entre 2013 et 2018 ; une poignée remonte aux premières années du siècle.

Quatuor

Quatuor

Emmanuel Moses

Parution mars 2020

Mise en vente : 6 mars 2020

Par le titre qu’il a choisi, Emmanuel Moses place d’emblée son poème dans la lignée la plus exigeante, qu’il s’agisse du genre musical qui a donné à la musique de chambre ses plus hauts chefs d’œuvre ou des Four Quartets, le recueil du poète anglais T. S. Eliot qui, déjà, se référait à la musique et à sa capacité d’ « entretisser plusieurs thèmes qui, superficiellement, ne semblent pas liés ». Et de fait, comme ceux de son illsutre devancier, le Quatuor d’Emma- nuel Moses est une sorte de méditation philosophique en quatre mouvements. Il y est question du hasard et de l’émerveillement de la rencontre, amoureuse ou non (premier mouvement) ; du temps, de notre incapacité à le saisir, et des attitudes possibles face à lui : la différence, la distinction d’où procèdent toutes les choses créées ou l’indifférence qui relève sans doute de la divinité (deuxième mouvement) ; de la mémoire et des souvenirs personnels ou histo- riques évoqués au fil des rues de Jérusalem ou de Paris qu’arpente le poète (troisième mouvement) ; de l’amour enfin, qui est comme un feu qui semble pouvoir suspendre le temps, et de sa proximité avec la mort (quatrième mouvement).

Si l’intitulé évoque T. S. Eliot, ce Quatuor est en réalité — par la simplicité du ton, par la manière de s’adresser directement à son lecteur ou aux amis proches (Micha et Franck Venaille apparaissent au passage) — plus proche d’un lyrisme qui a ses origines chez Whitman, Pessoa ou Larbaud (« Soyons poètes dans les hôtels ! »). Mais ce qui séduit sans doute le plus, dans tout le poème, ce sont les très émouvants passages où Emmanuel Moses évoque concrètement des lieux, des paysages (qu’il s’agisse d’une promenade dans Jérusalem, ou de l’évocation d’un coucher de soleil en Essonne) dans une sorte de cantique de la terre qui fait penser — sans doute en raison d’une fréquentation commune de la Bible — aux grandes odes ou la Cantate à trois voix de Claudel. Aucune foi affirmée, cependant, dans ce lyrisme : le monde est un théâtre sans auteur, comme chez Beckett, tout tourne autour « d’une énigme impossible à déchiffrer », et de ce mystère que les mots ne parviennent pas à dire évoqué dans l’épigraphe de Burns Singer. Mais cette « absence du souffleur » (et même de l’auteur) est garante, pour le livret de nos existences, d’une merveilleuse liberté, dont l’amour, tel que le personnifient au théâtre Arlequin et Colombine, est la forme la plus réjouissante.

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