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Traduction nouvelle de l’anglais et présentation par Jean Pavans
suivie d’un Dossier composé d’extraits des carnets de travail et de la correspondance de l’auteur concernant l’écriture et la publication du roman
480 pages I Collection « grande poche » I 19,8 x 12,8 cm
ISBN 978-2-35873-216-1
19 €
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Après Les Ambassadeurs et Les Ailes de la Colombe, c’est à nouveau un chef-d’œuvre de Henry James, mais cette fois des années 1880, quand il est retourné aux États-Unis à la suite de la mort de ses parents, que Jean Pavans retraduit pour le Bruit du temps. Comme l’écrit l’auteur lui-même dans l’argumentaire qu’il présente à son éditeur en 1883 : « L’histoire se situe à Boston et dans ses environs ; elle relate un épisode lié à ce qu’on appelle “le mouvement des femmes”. » Basil Ransom, beau jeune homme désargenté venu du Mississippi faire fortune à New York, rend une première visite à Boston à une cousine fortunée, Olive Chancellor. Il l’accompagne à une réunion militante où l’une des intervenantes est la jeune Verena Tarrant, fille d’un charlatan peu recommandable mais dont la beauté et l’éloquence inspirée subjuguent l’auditoire. Basil est aussitôt séduit par la jeune fille alors même qu’en Sudiste convaincu il n’a que mépris pour les idées qu’elle professe. Mais Olive Chancellor en a fait sa protégée et l’a invitée à vivre sous son toit en lui faisant promettre d’être fidèle à la cause qu’elles défendent toutes deux, Basil Ransom aura donc fort à faire pour réussir à conquérir l’amour de la belle Verena et à la tirer des griffes possessives de sa protectrice. La satire des milieux progressistes et féministes fait sourire à chaque page (certains critiques ont noté ce que James doit au Dickens de
Martin Chuzzlewit), mais elle n’est jamais cruelle. James éprouve autant de sympathie pour Olive Chancellor, tenante des idées avancées du Nord, que pour le jeune Sudiste « réactionnaire » qui exprime ses vues de manière joyeusement caricaturale. Il ne condamne pas non plus le couple qu’Olive forme avec Verena, où il voit une de « ces amitiés entre femmes qui sont si communes en nouvelle Angleterre ». Ce que James souhaite fustiger, dans ce que la société américaine est devenue, à ses yeux, lorsqu’il écrit son roman, c’est la publicité : les tentatives pour transformer en spectacle monnayable le don naturel de la charmante Verena, comme cherche à le faire le personnage de Mathias Pardon qu’il l’avait annoncé en ces termes : « Il doit y avoir, indispensablement, un personnage de journaliste américain, dont l’idéal est le reporter énergique. J’aimerais bafouer la vulgarité et la hideur de la chose, l’invasion impudente de la vie privée, l’extinction du concept même de vie privée etc. » Rien de plus actuel !
Préface de Gilles Ortlieb
Postface de Laurent Fassin
62 pages I 8 illustrations en couleurs I 11,7 x 17 cm
ISBN 978-2-35873-219-2
13 €
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Ce petit livre aurait dû paraître aux éditions Verdier dans la collection « L’image », dirigée par Alain Madeleine-Perdrillat, où il était demandé à des écrivains d’écrire un texte à partir d’une œuvre picturale de leur choix. Nous le publions aujourd’hui, dix ans après la disparition de Paul de Roux, présenté par deux de ses amis, Gilles Ortlieb et Laurent Fassin. Fils (et père) d’un peintre, Paul de Roux a consacré dans ses poèmes, ses carnets ou des monographies de très nombreuses pages à la peinture. Son unique roman, Une double absence interrogeait déjà le portrait d’une femme rêvée et perdue à travers celui de Bethsabée par Rembrandt. Dans le présent livre, Paul de Roux part d’un tableau mythologique de Jordaens représentant « une campagne hors de toute atteinte où nymphe et satyre guident les pas d’un enfant » pour rêver, en interrogeant au passage d’autres tableaux du maître d’Anvers, de cet Âge d’or où il était possible de vivre en accord avec la terre et qui devenu aujourd’hui « plus inaccessible qu’il ne fut jamais ». Quand bien même il peut arriver au poète, au hasard d’une promenade à Fontaine de Vaucluse ou au cours d’un voyage en Grèce d’entrevoir les traits épars d’un paradis désormais dispersé sur toute la terre, tel que l’évoquait Novalis, c’est d’abord chez les peintres, au Louvre, et dans le cas présent chez Jordaens qu’il trouve où s’abreuver de la lumière dont il a soif : « Discrète lumière, oui, discrète car, je l’ai dit, ce n’est pas le “plein soleil” que reflète Amalthée, non, c’est un tardif rayon qui dans sa paisible douceur se confond avec l’épiderme qu’il rencontre. Le corps de la nymphe en est subtilement lumineux, hors de toute emphase. »