A paraître

Devant la mer d’Okhotsk

Devant la mer d’Okhotsk

Jean-Claude Caër

Parution janvier 2019

En librairie le 11 janvier 2019
96 pages I 13,5 x 20,5 cm
ISBN 978-2-35873-124-9

18,00 €

LES POÈMES
Peu après son voyage en Alaska, sujet du précédent recueil, Jean-Claude Caër part pour le Japon afin de tenter d’y retrouver, écrit-il, « le visage de sa mère » qui vient de mourir. (Mais il s’agit aussi de relier, par-delà la mer d’Okhotsk et le Kamtchatka, le bout du monde des Aïnous du Japon à celui des Tlingits de l’Alaska.)

Le poète donne le sentiment qu’il se coule sans aucune peine dans le genre du kikô, ces récits de voyage mêlant prose et poésie, si souvent pratiqués par les auteurs du pays qu’il va visiter et dont Bashô nous a donné les exemples les plus connus. Si son récit ne fait pas appel à la prose proprement dite, il alterne néanmoins des poèmes plus amples, narratifs, et d’autres, très brefs qui, sans se conformer à ses règles strictes, sont proches par l’esprit du haïku : « Dans les toilettes / Je me sèche les mains / Quinze secondes qui paraissent une éternité. »
Plus encore, on peut dire de ces poèmes de Jean-Claude Caër ce qu’il écrit des films d’Ozu : « Il ne s’y passe presque rien, mais on y atteint la profondeur tout en transparence. » L’émotion est toujours là, mais tenue à distance, qu’il s’agisse du désir, auquel certains poèmes font allusion, ou plus souvent de la douleur du deuil, récurrente tout au long du recueil. Comme dans le cas de ses équivalents japonais, l’itinéraire parcouru, aussi concret soit-il, est aussi un voyage spirituel : le jeu entre le tout proche et le très lointain est constant (le Japon est déjà présent en Bretagne et à Montmartre, avant même le départ du poète) et l’on comprend bientôt que le pays du Soleil-Levant est aussi l’au-delà, le royaume des ombres, où le poète, tel Orphée ou Virgile, est parti s’aventurer. Un pays qui renvoie aussi bien à l’enfance qu’à ce ciel qui est au terme de la route, avec le risque de s’y perdre « très loin dans le cosmos infini ».

L’AUTEUR
Né à Plounévez-Lochrist, en Bretagne en 1952, Jean-Claude Caër a longtemps gagné sa vie comme correcteur au Journal officiel. Poète, il était déjà l’auteur de quatre recueils, tous parus aux excellentes éditions Obsidiane, avant de publier Alaska, son précédent livre, au Bruit du temps.
Son goût pour l’Amérique et les anciennes civilisations amérindiennes l’a également amené à traduire, avec Pascal Coumes, Les Chants de Nezahualcoyotl (réédités aux éditions Arfuyen) qui célèbrent l’unité fondamentale de la vie et de la mort.

La joie peut-être

La joie peut-être

Denis Rigal

Parution novembre 2018

En librairie le 21 novembre 2018
112 pages I 13,5 x 20,5 cm
ISBN 978-2-35873-125-6

19,00 €

LES POÈMES
Les lecteurs de Terrestres, son précédent recueil paru au Bruit du temps il y a cinq ans, retrouveront ici la voix forte et juste de Denis Rigal, portée aux mêmes interrogations, qui ne font que devenir plus pressantes avec les années : comment « trouver parole à donner, un sens sauvé/sauveur ». Pourquoi et comment écrire encore (en ces temps de détresse) ?

Le propos rapporté de Beckett qui donne son titre au livre nous donne un semblant de réponse, que Rigal lui-même commenterait sans doute ainsi : « la joie de produire un peu de sens prouve que l’humain en est capable et que notre condition n’est pas désespérée». C’est peu dire, car ces poèmes nous emmènent bien au-delà de ce presque rien. L’auteur a entendu les conseils qu’il prodigue lui-même « à Margot » dès la première page. Il a éprouvé dès l’enfance (à laquelle est consacrée une section du recueil) « la grâce des choses vives » qu’il nous restitue avec bonheur, et il a su surtout la confronter au silence, « à l’os muet du monde », afin que sa parole « résiste au vent ».
Parmi les beautés du monde dites dans ces pages, il y a bien sûr ces rivières, que le pêcheur de L’Éloge de la truite a beaucoup fréquentées.
Mais l’univers de Denis Rigal ne se réduit ni à son Auvergne natale, ni à sa Bretagne d’adoption, même s’il sait mieux que personne dire la réalité rugueuse de la côte du Finistère (« Pointe de Dinan »). La section intitulée à juste titre « Histoires, saisons, latitudes », aux poèmes d’une écriture plus ample, nous transporte dans l’espace et le temps, de la Martinique de Césaire à l’Italie de Virgile, en passant par le grand Nord des chamans lapons. Mais Rigal sait aussi, au contraire, à l’instar des poètes chinois qu’il admire (ou du Chat « bouddhiste » qu’il décrit), — notamment dans les poèmes de « Souffles », au centre du recueil — aller vers plus de dépouillement et réduire le monde à l’essentiel : « à ce cercle parfait / de silence et de cendre / par où tout disparaît ».

L’AUTEUR
Denis Rigal est né en Haute-Loire en 1938. Depuis près de cinquante ans, il vit en Bretagne où il a enseigné les littératures de langue anglaise à l’université de Brest.
Après trois plaquettes parues chez Rougerie dans les années 1970, il a publié Fondus au Noir en 1996 (Folle Avoine), Aval en 2006 (Gallimard) et Terrestres, au Bruit du temps en 2013. Les éditions Apogée ont publié son Éloge de la truite, en 2013 et, tout récemment Chien vivant, récit de sa vie d’étudiant à Clermont-Ferrand au temps de la guerre d’Algérie.

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